Objet mystère *


Utinet

ère  moitié du XXème siècle

Cet outil, couramment utilisé dans les chais, sert à "débonder", c'est à dire à enlever la bonde de la barrique pendant la durée de l'élevage du vin en futs. L'utinet se présente sous la forme d'un maillet composé d'une masse en bois massif, souvent faite de bois de cormier, munie d'un long manche en bambou. Il sert à frapper les douelles du fût par petits coups autour de la bonde pour la faire remonter et la faire sortir du trou de bonde sans être obligé de la perforer (voir arrache-bonde). La longueur de l'outil, ici 64 cm, et la matière flexible du manche permet d'amplifier l'impact à chaque coup de maillet sur les douelles de la barrique. N° inventaire 1982.23.31

 

Arrache-bonde / Tire-bonde

fin XIXème siècle

La bonde en bois massif sert à boucher la barrique. Pour éviter tout risque d’arrachage de cette bonde lorsque l’on fait rouler les barriques remplies de vin, elle est enfoncée et arasée. Pour « débonder » la barrique, on utilise l’arrache-bonde. Cet outil, mesurant environ 25 cm de long, est constitué d’une poignée en bois tourné, d’une tige en fer terminée par une vrille et d’une pièce métallique en forme de « fer à cheval » appelé pontet. Ce « fer à cheval » ou pontet sert de butoir en s’appuyant sur les douelles (planches de la barrique). La tige terminée par la vrille tourne dans une douille située au centre de ce pontet. La poignée solidaire de la tige en fer, manipulée dans un mouvement rotatif, permet d’arracher la bonde par un effet de levier. Cet outil de tonnellerie est également utilisé par tous ceux, vignerons, maîtres de chai, négociants, voire particuliers, qui sont amenés à manipuler le vin en tonneaux. N° inventaire 1983.12.6

 

Pipette à barrique

début XXème siècle

La pipette à barrique aussi dénommée pipette de cave, pipette à vin, pipette taste-vin ou tâtevin (1) est sans doute inventée à l’aube du 18° siècle. D’abord réalisée en verre soufflé, elle sera fabriquée en verre simple pressé à partir du 19° siècle - début 20° siècle. L’objet présenté ici est fait d’un tube de forme droite en verre pressé, muni d'une poignée à oreilles en fer blanc placée près du col. A cet endroit un renflement du tube évite tout risque de glissement de cette poignée lors de la manipulation. Il mesure environ 25 cm de long.  La pipette sert à prélever des échantillons de vin dans une barrique, afin de le goûter. Elle est utilisée par le vigneron ou le maître de chai, lors de l’élevage en barrique ou par le marchand de vin, lors de l’achat des vins. Elle est plongée dans le vin de la barrique par le trou de bonde. Le liquide qui envahit le tube est alors prélevé en obstruant l’orifice supérieur de la pipette avec le pouce. Une fois retiré du tonneau, le prélèvement est versé dans un verre à dégustation ou un "taste-vin coupelle" en ôtant le pouce de l’orifice. (1) A ne pas confondre avec le « taste-vin coupelle » qui désigne une petite tasse de dégustation pour le vin. N° inventaire 1984.4.16

 

Pipette à barrique

XIXème siècle

Objet d’utilisation identique à celui déjà présenté, voir la notice précédente. La différence entre ces deux objets se trouve essentiellement au niveau de la forme. Cette pipette, faite exclusivement en verre soufflé, est coudée. Elle se présente comme un tube légèrement courbé dans sa partie supérieure. Elle est munie d’une seule poignée faite d’un cordon de verre collé à chaud sur la paroi à l’extrémité supérieure du tube. Elle mesure environ 45 cm de long. N° inventaire 1982.7.3

 

Soufflet à soufrer

début XXème siècle

Ce petit instrument agricole est destiné à projeter du soufre sur les vignes afin de les protéger contre l’oïdium. Comme le soufflet à feu, il est composé d’une cavité souple en cuir, fixée entre 2 tablettes de bois qui se déplient en faisant entrer de l’air et se replient en le chassant. Ici il est surmonté d’un réservoir métallique en forme de cône tronqué avec un orifice permettant sa fermeture. Le soufre cheminait à travers un long tuyau projetant en nuage cette poudre qui imprN° inventaire 1983.6.1égnait grappes et feuilles sous toutes leurs faces. La mise en évidence de l’intérêt de ce poudrage des vignes a posé immédiatement le problème de son application à grande échelle. M. Gonthier inventera le 1er un soufflet permettant de pulvériser la fleur de soufre sur les feuilles de vignes mouillées, puis en 1853 Baptiste Rose-Charmeux testera dans le vignoble de Thomery le poudrage à sec qui va se montrer très efficace. Ce procédé utilisé dans toute l’Europe permettra de redresser dès 1858 la production viticole. Dans le bordelais à la même époque, le Comte de la Vergne sera également un précurseur. Il inventera bientôt un soufflet qui va porter son nom et qui sera imité par de nombreux artisans et petits industriels locaux. N° inventaire 1983.6.1

 

Maquette du "Jacques-Marie"

gabare-sloup de Gironde du début XXème siècle

Le mot gabare ou gabarre (de l'occitan gabarra), désigne en fait plusieurs types de bateaux fluviaux traditionnels de la façade atlantique. Le mot « sloup » (sans doute une déformation de l’anglais: sloop) désigne les gabares à coques ventrues établies sur quille et adaptées aux conditions fluvio-maritimes de la basse-Dordogne ou de l’estuaire de Gironde. Dotée d’une cale fermée de 20 à 30 tonneaux, d’un bon gréement et d’une véritable cabine pour l’équipage, elles pouvaient évoluer sans encombre dans cette partie de la vallée. Cette maquette, réalisée à l’échelle 1/24émepar Bernard DOSSO (), représente une gabare-sloup construite en 1913 à Libourne. Baptisée le "Jacques-Marie", cette embarcation appartenait en copropriété à M. GOUDICHAUD et à la maison LEGENDRE, négociants en vins à Libourne. Elle porte le nom de Jacques, fils aîné LEGENDRE et de Marie, une demoiselle FRICHOU âgée de 4 ans lors de la construction de ce bateau. Sur la Dordogne, le fret se composait essentiellement de vins, mais aussi de produits agricoles divers, de minerai, de matériaux de construction, de produits métallurgiques et surtout de bois destiné à la tonnellerie (bois d'Auvergne et de Corrèze) ou à la charpenterie de marine, à la descente. La remonte concernait des produits tels que le sel, les produits des colonies (épices, sucre, café...), le poisson séché et notamment la morue salée.  N° inventaire 1996.2.1

 

Couteau à marc, Coupe-marc

fin XIXème siècle

Le couteau à marc ou coupe-marc est un outil utilisé pendant le pressurage de la vendange. Cet outil est poussé dans un mouvement de va-et-vient, (comme pour la manipulation d’une scie) et non lancé comme pour couper avec une hache. Les coupe-marc ne sont pas très lourds et munis d’une grande lame de fine épaisseur. Ils font partie d’une famille d’outils aux formes extrêmement variées et parfois surprenantes selon les régions. La "1ère pressée" est terminée lorsque le "gâteau de marc" formé des rafles, des peaux et des pépins de raisins est devenu trop compact pour laisser passer le jus ou le vin restant. Cette pressée est souvent suivie d’une 2ème, voire d’une 3ème presse. Après chaque pressée, il faut desserrer le pressoir, découper et décompacter le marc avec les coupe-marc avant de le rejeter au centre du pressoir et relancer un nouveau pressurage. Avant que les pressoirs n’aient de cage, en particulier pour les raisins blancs, on alternait souvent couches de raisins et couches de paille dans le pressoir. Malgré l’armature de paille il y avait un fort fluage lors de la pressée et les couteaux à marc servaient alors à couper "le tour du gâteau" avant d’en arriver au pressurage final. N° inventaire 1984.7.12

 

Doloire bordelaise

XIXème siècle

Il s'agit d'une sorte de hache à manche très gros et déporté caractéristique du métier de tonnelier. D’un maniement délicat, elle est utilisée d’une seule main afin de préparer le dessus ainsi que le fléchage ou « pointu » des douelles (planches de bois qui forment la paroi du tonneau). On trouve en France 4 sortes de doloires : celle d'Orléans, la commune, la française et la bordelaise. La doloire bordelaise qui est la plus répandue, se compose d'un taillant ayant 35cm de long et 17cm de large, d'une douille ne constituant qu'une même pièce avec le taillant et d'un manche dont la longueur est proportionnelle à la longueur du bras de l'ouvrier qui en a fait usage. Son poids est d’environ 4 kilogrammes. Ce manche doit être assez lourd pour former contrepoids à l'outil. La doloire exécute un travail compliqué puisqu'elle doit donner à la douelle une forme déterminée ; il faut qu'en laissant tomber cet outil tranchant, la planche étroite et mince prenne forme. Ce travail se fait sur un billot, solide pièce de bois grossièrement taillée dans la masse et posée au sol sur quatre pieds. La doloire est abattue verticalement sur la douelle allongée sur le billot. L'ouvrier se tient d'une façon caractéristique : l'outil saisi dans la main droite, le pouce placé près de la lame; le bout du manche appuyé sur la cuisse droite, le pied droit en avant le long du billot, la main gauche sur la douelle. La longueur du manche, déterminée par la longueur du bras de l'ouvrier, se prend de la façon suivante : « on met le bout du pouce sur le bord de la douelle en tenant le manche comme si l'on voulait travailler. En pliant le bras on obtient la bonne longueur lorsque l’extrémité du manche peut tourner librement au niveau du coude ». N° inventaire 1984.7.12

 

Compas de tonnelier

XIXème siècle

Cet outil servait à mesurer et à tracer la circonférence des fonds de tonneaux. Il s'agit d'un compas tout à fait particulier et spécifique à ce métier. Il est confectionné d'une pièce de bois flexible, ici du frêne, recourbée en arc de cercle et dont les deux extrémités sont réunies par une pièce en bois de buis qui les perfore. Celle-ci est composée d'une double vis horizontale aux pas inversés séparée par une poignée centrale qui permet de régler l'écartement des pointes en acier forgé. Ces pointes sèches se rapprochent ou s'écartent selon le sens de rotation donné à cette broche filetée. Pour son utilisation le tonnelier reporte 6 fois les pointes du compas en fond de gorge du jable de la barrique (l'endroit où doit s'enchâsser le fond), comme pour former un hexagone régulier. Après avoir reporté autant de fois que nécessaire les pointes de son compas pour retrouver son point de départ, il obtient alors le rayon exact du fond. Cela s'appelle "prendre le point". Le compas ainsi réglé, la pointe sèche permet de tracer précisément sur un assemblage de planches la circonférence du fond à débiter. N° inventaire 1984.4.19

 

Bonbonne à vin

fin XIXème - début XXème siècle

Cette grosse bouteille en verre blanc enveloppée d'un clissage d'osier servait à garder et à transporter du vin. Egalement connue sous le nom de dame-jeanne, ce type de récipient était le plus souvent dénommé dans notre région " une cantine ", sans doute par dérivation du mot occitan " cantina "  ou " cantinada " qui veut dire bouteille. Cette belle pièce, à col étroit et d’une contenance d’environ 5 litres, était largement utilisée par les communautés familiales ou villageoises pour la consommation courante du vin. Enveloppée d’un clissage d’osier de belle facture, elle comporte une seule poignée en forme d'anse pour le transport et, chose rare, un capuchon mobile relié par une cordelette pour la protection de son bouchon en liège.  N° inventaire 1990.3.4