"les Objets des mois précédents"


Marque à feu, étampe ou estampe

fin XIXème siècle

 

Cet outil, fait d’une forte tige d’acier (80cm de long) emmanchée de bois, supporte une plaque gravée en négatif. Cette dernière chauffée à blanc permet de marquer en positif les fonds de tonneaux de vin ou les façades de caisses en bois par brûlage. On peut lire sur celle-ci :                            1er CRU DE BELAIR

        A MONTAGNE

          A. GUIMBERTEAU PPRE

        PRES ST EMILION

 

N° inventaire 1997.1.1

 

Petite histoire des marques à feu :

A l’origine, et pendant tout le Moyen-Âge, le commerce du vin se faisait en barrique. L'usage voulait que l'on marque les barriques d'un signe distinctif permettant d'indiquer l'origine et la provenance. Les règlements promulgués par les Jurats, consignés dans les "polices des vins" définissaient l’emploi des marques à feu ou étampes. Il en existait une certaine variété : celles dites de villes ou de juridictions ; celles des seigneuries importantes dont l’usage s’étendit aux crus et châteaux ; et enfin dès le XVIIIème siècle, celles des particuliers eux-mêmes qui furent astreints dans certains cas d’apposer sur leurs fûts un titre de provenance avec leur nom au bas. Afin d’éviter les risque de double emploi des futailles ou les contrefaçons, les règlements obligeaient les détenteurs d’un fut marqué à "raser l’étampe" sur les futailles vides sous peine d’amende ou de confiscation.

Avec l'apparition des verriers à Bordeaux, au milieu du XVIIIème siècle, la bouteille se développe et s'impose petit à petit. Cette habitude s’amplifiera pendant tout le XIXème siècle et son utilisation de plus en plus fréquente imposera l’habitude de vendre le vin en bouteilles rangées en caisses de bois pour faciliter le transport. Aussi, il deviendra impératif que ces caisses soient reconnaissables, identifiables au premier coup d'œil, et que l'on puisse, comme avant, connaître leur provenance, leur origine. C'est ainsi qu'est née l'étampage des caisses. L'usage qui s'impose, voudra que l'on y imprime le nom de la propriété, l’indication de son terroir, et parfois un motif graphique de reconnaissance, son millésime, etc…


Pèse-fût, pèse-barrique

2ème moitié du XIXème siècle

 

Pèse-fût de la Maison NOGUERA, une fabrique d’instruments de pesage dont les ateliers se trouvaient à Béziers (Hérault). A la fin du XIXème siècle, les deux principaux constructeurs français de ce type d’appareil sont les Maisons NOGUERA et MARLIN de Joué-lès-Tours (Indre et Loire).

 

Cet objet utilisé pour le commerce du vin repose sur le principe de la balance romaine et permet de peser les barriques (d’un poids maximum de mille kilos).

 

Il est constitué d’un portique supportant un crochet mobile sur un axe. Ce dernier est suspendu à un levier relié par un câble à un treuil à manivelle sur le côté du portique qui permet de soulever pour la pesée, l’ensemble tonneau-balance. Dans cette balance, les deux bras du fléau n'ont pas la même longueur. Le bras du côté du tonneau à peser a une longueur constante alors que le bras qui supporte le contre-poids a une longueur variable et porte des encoches avec l’indication des poids. Avec cette balance, on obtient l'équilibre lorsqu'en déplaçant ce contre-poids le long de sa tige, le fléau atteint la position horizontale. Il suffit alors de lire directement le poids du tonneau indiqué par les graduations du fléau.

 

Les contenances des tonneaux de vin sont réglées par des mesures définies, qui peuvent cependant varier selon les régions, la technique de fabrication, ect... La barrique bordelaise doit contenir 225 litres et peser 223 kilogrammes. Ce pèse-fût permettait d’en vérifier l’exactitude lors des échanges commerciaux.

 

N° inventaire 2014.1.1


Fausset hydraulique Bélicard
2ème moitié du XIXème siècle

 

 

 

Ce petit appareil se compose de deux parties - la 1ère est un récipient cylindrique en fer-blanc, ouvert à sa partie supérieure et dont le fond est traversé par un tube d’une douzaine de centimètres de long, appelé fausset -  la 2ème est un flacon en verre, cylindrique aussi, d’un diamètre presque égal au récipient métallique. Ce flacon, dont le fond est bombé, se place renversé à l’intérieur du récipient et au-dessus de l’extrémité supérieure du fausset.

 

Pour extraire le vin d’un tonneau par un robinet, on est obligé d’y introduire de l’air, soit au moyen d’un petit trou que l’on perce dans les douves du fût, soit en retirant la bonde, sans quoi le liquide ne coulerait pas. Pour le vin, le contact permanent avec l’air est très néfaste et cause rapidement sa détérioration. Il est donc nécessaire d’empêcher le plus possible ce contact, et pour cela il faut, soit reboucher le trou fait dans le fût avec un fausset en bois, soit ré-enfoncer fortement la bonde.

 

Avant la généralisation de la consommation du vin en bouteille, il était ordinaire de le débiter en fûts. Très utilisée par les marchands-détaillants ou pour un usage domestique, l’invention, vers 1850, par Monsieur BÉLICARD, du fausset hydraulique a considérablement facilité la conservation de ces vins en tonneaux.

 

La technique: on verse 2 à 3 centimètres d’eau dans le récipient métallique et on place le flacon de verre par-dessus. Au moyen d’une combinaison physique très simple, l’air nécessaire à l’écoulement du vin s’introduit dans la barrique lorsque le robinet est ouvert et cesse d’y pénétrer lorsqu’il est fermé grâce à la colonne d’air suspendue dans le globe en verre. Posé sur le fût, le fausset hydraulique peut y rester jusqu’à ce que la barrique soit entièrement vide sans que le vin ne se dégrade.

 

 

 

 

N° inventaire : 2009.1.5


Meule à bras, meule manuelle

carrière meulière de Malengin (à MONTAGNE) 

XIème-XIIIème siècles ?

 

 

Cette meule provient d’une carrière de meules creusée dans un banc de calcaire situé près de Malengin à Montagne. Cette carrière avait été complètement comblée par les déchets de taille et n'était plus du tout visible. Le déblaiement de plusieurs centaines de mètres cubes a révélé une meulière composée de 4 chambres souterraines hautes de 7 m, séparées par des piliers ou par des parois délimitant d'anciennes concessions. Les meules étaient obtenues par détourage annulaire et décollées à l'aide d'emboîtures, comme le montrent de nombreuses ébauches abandonnées. La production a concerné aussi bien des meules manuelles (50 à 62 cm de diamètre) que des meules de moulins (70 à 135 cm de diamètre).

 

En Europe en général, le moulin à bras est resté le mode de mouture principal jusqu’à la fin de l’Antiquité, puis durant tout le Moyen Âge ; il ne commença à céder du terrain que devant les avancées des moulins à eau, puis à vent. Véritable petit moulin manuel, il se compose d’une partie supérieure mobile (photo ci-dessus) appelée "catillus" (ou tournante, ou mouvante) par opposition à la "meta" fixe, située en position inférieure.

 

Les grains sont introduits dans "l’œil" percé au centre de la "catillus" pour se retrouver pris entre les deux surfaces actives des meules. Le mouvement rotatif, actionné par la force musculaire d’un bras, est transmis à la meule de dessus grâce à un emmanchement ou une perche (remarquer les 2 percements sur la périphérie de la meule qui devaient recevoir cet emmanchement !). Ce mouvement facilite le passage du grain entre les meules. Les grains sont concassés et libèrent la farine qui ressort sur les côtés avec le son. Le réglage de l’écartement entre les deux meules permet de diminuer légèrement les frottements, et donc de faciliter la rotation. L’ajustement de l’écartement influe également sur le type de mouture (plus ou moins fine).

 

N° inventaire (en cours)


 

 

 

 

Paillon à bouteille ou enveloppe-paille
début XXème siècle

 

Il s’agit d’un étui de forme conique constitué de brins de paille de seigle disposés parallèlement et assemblés avec de la ficelle. Cet emballage sert à protéger les bouteilles de vins expédiées en caisse bois. L’objet présenté mesure l’équivalent de la bouteille bordelaise. Utilisé jusqu’au milieu du XXème siècle, il sera progressivement remplacé par d’autres emballages, comme le carton.

 

D’assez gros diamètre, les tiges de seigle sont plus hautes et plus souples que celle du blé. Grâce à ces qualités, la paille de seigle servait à la fabrication des paillons.  Au niveau de sa préparation, il faut prendre des précautions pour séparer la paille et le grain, afin de ne pas briser les chaumes et conserver une paille de qualité. Traditionnellement l’opération de battage est réalisée manuellement, puis chaque javelle (poignée) est retournée, la tête en bas. A l’aide d’un peigne à paille (planche pourvue de 3 rangées de dents), elles sont soigneusement peignées. Il s’agit de rendre les brins parallèles et de les débarrasser de tous les débris végétaux (mauvaises herbes,...).

 

Les paillons sont essentiellement fabriqués par des femmes. Les hommes se chargent des travaux de préparation de la paille et de la manutention. Au départ, les ouvrières assemblent et cousent les brins à la main, puis vont utiliser des machines-outils spécialement conçues. Initialement annuelle, cette activité devient saisonnière fournissant un complément de revenu. En 1878, la Gironde comptait 11 fabriques d’enveloppes-paille employant chacune une trentaine de personnes.

 

N° inventaire : 1984.11.23


 

 

Faissine

XIXème siècle.

 

Étymologie. La « faissine » est un mot français ancien signifiant « faix », « fardeaux ». Variantes locales : fessine, féchine, féshine.

 

Avec l’automne, le vignoble s’active autour de la récolte du raisin mûr. Dans les parcelles, plusieurs manières de porter le raisin ont coexisté : portage sur la tête avec la faissine, portage à l’épaule avec barre de levage, portage dans le dos avec la hotte.

 

Pour le portage sur la tête, la faissine fournit une assise et facilite la mise en équilibre de la charge. Elle permet le transport du raisin placé dans un récipient en bois de forme tronconique et d'une contenance d'environ 20 litres, appelé bastiot. Une fois arrivé au bout des rangées de vigne, le porteur vide ce bastiot dans les douilhs (récipient de bois d’environ 800 litres) placés sur une charrette.

Interposée entre la charge et la tête, la « faissine » est constituée d’un cadre en bois sur lequel est fixée une grosse tresse de paille qui enveloppe la tête et repose sur le dos à la hauteur de la nuque. La tresse de paille forme un bandeau qui passe sur le front et se prolonge par une sorte de « coussin » qui s’appuie sur le cou. La partie en bois placée au-dessus de cette tresse sert de support pour le bastiot.

 

Au niveau de la technique de portage de la charge, le porteur adopte une position particulière : menton appuyé sur la poitrine, marche lente avec petites enjambées… Cela permet de trouver un équilibre entre la force motrice humaine déployée et la dépense énergétique. Selon la « virtuosité » du porteur, le bastiot est maintenu ou non par les mains (dextérité du porteur, nature du sol…)

 

N° inventaire: 1983.3.1


 

 

Asse de tonnelier

XIXème siècle

 

L’asse de tonnelier ou asseau de tonnelier appartient à la famille des herminettes. Connue des Gallo-Romains, elle est utilisée dans le Bordelais dès le Moyen-âge.

 

Sorte de hache arrondie à tranchant convexe (bombé) en forme de lune, elle possède une large lame acérée et biseautée vers l’intérieur. L’outil présenté ici, d’une longueur d’environ 25cm pour un poids moyen de 3kg, est doté d’un manche en bois tourné assez court. L’asse, faîte en acier forgé, a une tête massive faisant un contrepoids à l’outil et facilitant son maniement à deux mains. L’œil (passage pour le manche) en forme de panne carrée peut servir de marteau.

L’asse du tonnelier permet de travailler le bois des douelles de la barrique. Après la chauffe (étape de fabrication), quand le tonneau est refroidi et ses douelles jointes, le tonnelier rogne (rognage) les extrémités du fût avec l’asse. Il utilise cet outil pour tailler en biseau les extrémités intérieures des douelles de barrique permettant la réalisation du chanfrein et du « pas d’asse ». Cette étape précède la mise en place des fonds de barriques.

 

 N° inventaire: 1984.7.14


Blutoir à farine

XIXème siècle.

 

Le blutoir individuel, présent dans la plupart des exploitations agricoles de la région (19°/ 1èremoitié 20° siècle), se présente sous la forme d’un coffre à portes d’environ 2m de long, 1m30 de haut et 80cm de large. Ce meuble utilitaire fait en bois mêlés (chêne et bois blanc) est fabriqué de façon simple et la plupart du temps installé dans les greniers familiaux.

 

Le blutoir possède un dispositif mécanique qui sépare la farine des autres composants du grain (essentiellement le son) après avoir été moulu dans un moulin ou une minoterie. Légèrement incliné, le cylindre appelé "sas", blute la farine. Placé au centre du meuble, il tourne sur son axe longitudinal grâce à une manivelle. Il est recouvert d’une "étamine" - tissu lâche fait de crin, de soie ou de fil mince et souple - faisant office de tamis. Ce cylindre est garni d’étamines à maillages différents, du plus serré au plus large, permettant d’obtenir plusieurs degrés de finesse de farine (chaque partie est appelée une "laize"). Par une trappe placée au-dessus du meuble, la mouture est introduite dans le "sas" en mouvement et passe au travers du tamis suivant sa finesse. L’armature cylindrique est parée de petites masses de bois coulissant le long des rayons intérieurs, qui viennent frapper les "laizes" pour faciliter le blutage et empêcher la mouture d’adhérer au tamis. Le son et les plus grosses particules sont récupérés à l’autre extrémité du blutoir par une trappe située sur le côté extérieur du meuble. Sous le cylindre à l'intérieur du meuble, les différentes qualités de farine sont récupérées et réparties dans des sacs.

 

N° inventaire: 1987.5.1


 

 

Photo-carte postale (Vignonet, 1916)

XXème siècle.

 

 

Entre 1914 et 1918, les femmes deviennent un indispensable soutien à l’effort de guerre. Remplaçant les hommes partis au front, elles sont mobilisées dans tous les secteurs, comme ici avec le travail dans les vignobles du Saint-Emilionnais. En témoigne cette photo-carte postale écrite au dos par la jeune femme à gauche de l'image à son beau-frère : «Vignonet, le 31 juillet 1916. Voici ce que nous faisons, heureusement c’est fini et j’ai le grand espoir que l’année prochaine nous aurons votre aide […]». Les deux femmes vêtues d’une tenue masculine s’occupent du sulfatage, il s’agit de traiter les vignes à la bouillie bordelaise pour prévenir les maladies comme le mildiou. Cette tâche pénible est habituellement confiée aux hommes, la sulfateuse à dos pesant environ 30kg.

 

La carte postale est un moyen de correspondance écrite qui se présente sous la forme d'un papier cartonné rectangulaire (format 10,5x14,8 cm le plus courant). A l’apogée de la carte postale entre 1900 et 1920, on assiste au développement de photos-cartes postales évoquant la Première Guerre mondiale en image (le conflit, les combattants, l'arrière). Les photos-cartes ne sont pas tirées en grande série, juste en fonction de la commande du particulier, utilisées ensuite comme n'importe quelle carte postale. La famille fait faire des photographies mettant souvent en scène la vie quotidienne, puis les font convertir en cartes postales. Ceci permet un échange épistolaire entre les soldats engagés sur le front et leurs proches restés à l’arrière.

 

N° inventaire (en cours)


 

 

Mouchoir de tête (coiffe régionale)
XIXème siècle.

 

Comme le costume, la coiffe varie selon les époques, les saisons, l’âge et la condition de celle qui la porte. Pour les femmes, le jour comme la nuit, le plus important était de dérober leurs cheveux aux regards, car il était très mal vu de se montrer « en cheveu ». D’ordre pratique, la coiffe est une protection contre le soleil et le vent, d’ordre sociologique un moyen d’affirmer son appartenance à une classe, une communauté, une région, parfois même à un village.

 

Au cours du 19° siècle, dans le Sud-ouest, les femmes adoptent le mouchoir de tête, un carré de coton imprimé, d’environ 90cm de côté. Le mouchoir à carreaux de couleurs vives (Madras) est acheminé depuis l’Inde jusqu’au port de Bordeaux où il sera très vite imité par des fabriques locales. Il y a plusieurs façons de le porter ; « noué à la gasconne » plié en triangle, deux pans croisés derrière la nuque, ramenés et noués sur le dessus de la tête, pointe arrière positionnée selon un code social bien particulier.

 

Aux côtés du mouchoir de tête, la "quichenotte" est une coiffe de travail en forme d’arceau maintenu rigide par des lamelles de bois ou de carton passées dans des bandes de tissus. Son fond, lâche, est resserré sous la nuque par une coulisse. Elle se fixe par deux petits galons noués sous le menton. En toile blanche, de couleur, à carreaux ou fleuri, elle se porte sur un mouchoir de tête ou un simple petit bonnet, ainsi son entretien est plus aisé.

[Notice réalisée en collaboration avec l’association DANS’TRAD de Libourne]

 N° inventaire (en cours)


 

 

Carnet de voyage d’un négociant en vin corrézien
début XXème siècle.

 

Grâce à l’esprit d’entreprise et au dynamisme des « marchands de vins » de Haute-Corrèze, le négoce à Libourne s’organise et se structure quais du Priourat dès la fin du XIXème siècle. Ce négoce affirme sa spécificité en privilégiant les vins du Saint-Emilion, de Pomerol, de Fronsac, ainsi que d’autres vins de l’arrondissement. 

 

A l’instar de Jean GAYE-BORDAS (1826-1900), créateur de ce négoce en vins corrézien, ces marchands de vins innovent en pratiquant le démarchage à domicile, la « tournée », en particulier vers l’Ouest de la France et surtout vers le Nord et la Belgique. Tarifs et petits carnets d’adresses et de commandes sont les seuls outils de ces négociants en voyage. Ils se créent une clientèle et constituent leur propre carnet d’adresses, outil particulièrement précieux, dont ils restent propriétaires.

 

Ce petit carnet (10x6,5cm) a appartenu à Joseph JANOUEIX, fils de Jean JANOUEIX, une des principales familles corréziennes de négociants-propriétaires installées dans le Libournais depuis la fin du XIXème siècle. Composé d’une cinquantaine de feuillets, « noircit » d'une écriture fine et soignée, il recense environ 150 adresses de clients répartis dans les villes et les gros bourgs prospectés dans le Nord de la France (sur le cliché les villes de Lille et Tourcoing), ainsi que quelques commandes.

N° d'inventaire (en cours)


Crapaud à soutirer

début XXème siècle.

 

 

 

Le crapaud, appelé également bassine nantaise, est utilisé pour recueillir le vin lors des soutirages en barriques. Il s’agit d’une opération de transvasement du vin d'un contenant à un autre afin de le débarrasser de ses lies et de l'aérer en éliminant le gaz carbonique en excès. Cette opération peut être répétée et doit s'effectuer par temps clair afin d'éviter la remise en suspension des lies due à une faible pression atmosphérique.

 

Ce récipient bas, de forme circulaire, muni de poignées latérales, est prolongé par un bec proéminent. D'environ 40 cm de diamètre et 35 cm de hauteur, le crapaud est fait en fer-blanc. Placé sous le robinet lors du soutirage du vin, il permet de récolter le liquide. Cette bassine est en partie recouverte pour mettre le vin à l’abri des poussières et autres impuretés pendant cette opération. Le large bec, très caractéristique de cet outil, est conçu pour faciliter le transvasement du vin, du crapaud vers la barrique destinée à recevoir le vin soutiré.

N° inventaire 1982.37.4


 

 

 

 

Moine chauffe-lit

début XXème siècle.

 

 

 

En forme « d’œil », le moine possède une ossature en bois, mesurant environ 1,50 m de long sur 30 cm de large et 30 cm de hauteur. Un récipient métallique contenant des braises de la cheminée est suspendu à l’aide d’un crochet et placé au milieu de l’armature en cube, au centre du dispositif. Cette structure en bois évite d’être en contact avec les draps, prévenant ainsi de possibles incendies.

 

Les draps anciens tissés très épais, en coton ou en lin, prennent facilement l’humidité. Utilisée en période hivernale, cette sorte de radiateur portatif permet de réchauffer les draps et d’en estomper l’humidité. Par soucis d’économie, les pièces de la maison ne sont pas chauffées. Seule, la grande pièce à vivre dispose d’une cheminée. N° inventaire 1989.5.2

 

Dans les derniers modèles, les braises incandescentes sont remplacées par une ampoule électrique suspendue, rendant le dispositif plus pratique. Cet appareil de chauffage est utilisé jusque dans les années 1950 environ, période à laquelle l’électricité entre dans les foyers. Les progrès en matière de confort et de chauffage rendent le moine désuet.


 

 

Echaudeuse à barrique

fin XIXème siècle - début XXème siècle.

 

Carrossé en tôle et en cuivre, cet objet mesure 143 cm de haut. Surmonté d’une tubulure, le foyer en fonte recevant la braise repose sur quatre pieds métalliques. Muni de deux poignées latérales, cet appareil portatif peut être déplacé dans le chai à barriques.

 

Fonctionnant sur le principe d’une chaudière à bois, l’échaudeuse est une sorte de "bouilloire" utilisée pour désinfecter l’intérieur des barriques lors du soutirage. Pendant l’élevage, le soutirage consiste à retirer les lies afin de clarifier le vin. Le vin ainsi clarifié est transvasé dans un nouveau fût qui doit être stérilisé avant remplissage. L’étuvage par injection de vapeur détruit les bactéries. La vapeur produite par l'échaudeuse permet de purifier le bois en respectant les fibres, et se condense sur les parois du tonneau. Avec l’échaudeuse, les fûts sont aseptisés à la vapeur d'eau sous pression, à 120-130 degrés. 

 

Pour l’assainissement des barriques, cette technique a progressivement été remplacée par le brûlage de mèches de soufre (qui fera l’objet d’une prochaine description). 

N° inventaire 1985.1.2


Planche publicitaire (Les Grands Vins de la Gironde illustrés),

Libourne 1908-1910. 

 

Cette planche publicitaire est l’une des 169 planches d’un important album réalisé par le photographe et célèbre éditeur de cartes postales, Henry Guillier (1847-1912). Superbe témoignage de la vie économique et rurale de cette époque, cet ouvrage figure parmi les plus importants reportages photographiques consacrés aux vins de la région bordelaise.

Il s'agit ici de l'une des rares planches qui ne soient pas dédiées aux grands châteaux du bordelais. Celle-ci présente les industriels Libournais JAYET et VANDET, inventeurs de la pompe à vin "Java". Constructeurs-mécaniciens, ils installent leur maison, 14, rue des Fontaines à Libourne et rendent célébre leur fabrique grâce au dépôt d'un brevet pour cette pompe qui obtiendra de nombreuses récompenses, dont une Médaille d'Or en 1907 à l'Exposition internationale maritime de Bordeaux. De conception simple et robuste, d'un fonctionnement très doux et d'un débit important, elle sera très employée dans la région. Elle est reconnaissable par sa marque "Java" inscrite en lettres dorées sur la boule d'air.

 N° inventaire 2005.2.2


Utinet , 1 ère  moitié du XXème siècle. 

 

 

Cet outil, couramment utilisé dans les chais, sert à "débonder", c'est à dire à enlever la bonde de la barrique pendant la durée de l'élevage du vin en futs. L'utinet se présente sous la forme d'un maillet composé d'une masse en bois massif, souvent faite de bois de cormier, munie d'un long manche en bambou. Il sert à frapper les douelles du fût par petits coups autour de la bonde pour la faire remonter et la faire sortir du trou de bonde sans être obligé de la perforer (voir arrache-bonde décrit le mois précédant). La longueur de l'outil, ici 64 cm, et la matière flexible du manche permet d'amplifier l'impact à chaque coup de maillet sur les douelles de la barrique.

 

N° inventaire 1982.23.31


 

 

 

Arrache-bonde, Tire-bonde , fin XIXème siècle. 

 

 

 

La bonde en bois massif sert à boucher la barrique. Pour éviter tout risque d’arrachage de cette bonde lorsque l’on fait rouler les barriques remplies de vin, elle est enfoncée et arasée. Pour « débonder » la barrique, on utilise l’arrache-bonde.

Cet outil, mesurant environ 25 cm de long, est constitué d’une poignée en bois tourné, d’une tige en fer terminée par une vrille et d’une pièce métallique en forme de « fer à cheval » appelé pontet.

Ce « fer à cheval » ou pontet sert de butoir en s’appuyant sur les douelles (planches de la barrique). La tige terminée par la vrille tourne dans une douille située au centre de ce pontet. La poignée solidaire de la tige en fer, manipulée dans un mouvement rotatif, permet d’arracher la bonde par un effet de levier.

Cet outil de tonnellerie est également utilisé par tous ceux, vignerons, maîtres de chai, négociants, voire particuliers, qui sont amenés à manipuler le vin en tonneaux.

 N° inventaire 1983.12.6


Pipette à barrique , XIXème siècle. 

 

 

- Objet d’utilisation identique à celui présenté en Mars 2013, voir la notice précédente.

 

La différence entre ces deux objets se trouve essentiellement au niveau de la forme. Cette pipette, faite exclusivement en verre soufflé, est coudée. Elle se présente comme un tube légèrement courbé dans sa partie supérieure. Elle est munie d’une seule poignée faite d’un cordon de verre collé à chaud sur la paroi à l’extrémité supérieure du tube. Elle mesure environ 45 cm de long.

 

N° inventaire 1982.7.3


Pipette à barrique , début XXème siècle. 

 

 

 

La pipette à barrique aussi dénommée pipette de cave, pipette à vin, pipette taste-vin ou tâtevin (1) est sans doute inventée à l’aube du 18° siècle. D’abord réalisée en verre soufflé, elle sera fabriquée en verre simple pressé à partir du 19° siècle - début 20° siècle.

L’objet présenté ici est fait d’un tube de forme droite en verre pressé, muni d'une poignée à oreilles en fer blanc placée près du col. A cet endroit un renflement du tube évite tout risque de glissement de cette poignée lors de la manipulation. Il mesure environ 25 cm de long.  

La pipette sert à prélever des échantillons de vin dans une barrique, afin de le goûter. Elle est utilisée par le vigneron ou le maître de chai, lors de l’élevage en barrique ou par le marchand de vin, lors de l’achat des vins. Elle est plongée dans le vin de la barrique par le trou de bonde. Le liquide qui envahit le tube est alors prélevé en obstruant l’orifice supérieur de la pipette avec le pouce. Une fois retiré du tonneau, le prélèvement est versé dans un verre à dégustation ou un "taste-vin coupelle" en ôtant le pouce de l’orifice.

(1) A ne pas confondre avec le « taste-vin coupelle » qui désigne une petite tasse de dégustation pour le vin.

 

N° inventaire 1984.4.16


Soufflet à soufrer , début XXème siècle. 

 

Ce petit instrument agricole est destiné à projeter du soufre sur les vignes afin de les protéger contre l’oïdium. Comme le soufflet à feu, il est composé d’une cavité souple en cuir, fixée entre 2 tablettes de bois qui se déplient en faisant entrer de l’air et se replient en le chassant. Ici il est surmonté d’un réservoir métallique en forme de cône tronqué avec un orifice permettant sa fermeture. Le soufre cheminait à travers un long tuyau projetant en nuage cette poudre qui imprN° inventaire 1983.6.1égnait grappes et feuilles sous toutes leurs faces.

La mise en évidence de l’intérêt de ce poudrage des vignes a posé immédiatement le problème de son application à grande échelle. M. Gonthier inventera le 1er un soufflet permettant de pulvériser la fleur de soufre sur les feuilles de vignes mouillées, puis en 1853 Baptiste Rose-Charmeux testera dans le vignoble de Thomery le poudrage à sec qui va se montrer très efficace. Ce procédé utilisé dans toute l’Europe permettra de redresser dès 1858 la production viticole. Dans le bordelais à la même époque, le Comte de la Vergne sera également un précurseur. Il inventera bientôt un soufflet qui va porter son nom et qui sera imité par de nombreux artisans et petits industriels locaux.

 

 N° inventaire 1983.6.1


Maquette du "Jacques-Marie", gabare-sloup de Gironde du début XXème siècle. 

 

Le mot gabare ou gabarre (de l'occitan gabarra), désigne en fait plusieurs types de bateaux fluviaux traditionnels de la façade atlantique. Le mot « sloup » (sans doute une déformation de l’anglais: sloop) désigne les gabares à coques ventrues établies sur quille et adaptées aux conditions fluvio-maritimes de la basse-Dordogne ou de l’estuaire de Gironde. Dotée d’une cale fermée de 20 à 30 tonneaux, d’un bon gréement et d’une véritable cabine pour l’équipage, elles pouvaient évoluer sans encombre dans cette partie de la vallée.

Cette maquette, réalisée à l’échelle 1/24émepar Bernard DOSSO (), représente une gabare-sloup construite en 1913 à Libourne. Baptisée le "Jacques-Marie", cette embarcation appartenait en copropriété à M. GOUDICHAUD et à la maison LEGENDRE, négociants en vins à Libourne. Elle porte le nom de Jacques, fils aîné LEGENDRE et de Marie, une demoiselle FRICHOU âgée de 4 ans lors de la construction de ce bateau.

Sur la Dordogne, le fret se composait essentiellement de vins, mais aussi de produits agricoles divers, de minerai, de matériaux de construction, de produits métallurgiques et surtout de bois destiné à la tonnellerie (bois d'Auvergne et de Corrèze) ou à la charpenterie de marine, à la descente. La remonte concernait des produits tels que le sel, les produits des colonies (épices, sucre, café...), le poisson séché et notamment la morue salée.

 

N° inventaire 1996.2.1


Couteau à marc, Coupe-marc

fin XIXème siècle. 

 

Le couteau à marc ou coupe-marc est un outil utilisé pendant le pressurage de la vendange. Cet outil est poussé dans un mouvement de va-et-vient, (comme pour la manipulation d’une scie) et non lancé comme pour couper avec une hache. Les coupe-marc ne sont pas très lourds et munis d’une grande lame de fine épaisseur. Ils font partie d’une famille d’outils aux formes extrêmement variées et parfois surprenantes selon les régions.

 

La "1ère pressée" est terminée lorsque le "gâteau de marc" formé des rafles, des peaux et des pépins de raisins est devenu trop compact pour laisser passer le jus ou le vin restant. Cette pressée est souvent suivie d’une 2ème, voire d’une 3ème presse. Après chaque pressée, il faut desserrer le pressoir, découper et décompacter le marc avec les coupe-marc avant de le rejeter au centre du pressoir et relancer un nouveau pressurage.

 

Avant que les pressoirs n’aient de cage, en particulier pour les raisins blancs, on alternait souvent couches de raisins et couches de paille dans le pressoir. Malgré l’armature de paille il y avait un fort fluage lors de la pressée et les couteaux à marc servaient alors à couper "le tour du gâteau" avant d’en arriver au pressurage final.

 

N° inventaire 1984.7.12


Doloire bordelaise,

XIXème siècle. 

 

Il s'agit d'une sorte de hache à manche très gros et déporté caractéristique du métier de tonnelier. D’un maniement délicat, elle est utilisée d’une seule main afin de préparer le dessus ainsi que le fléchage ou « pointu » des douelles (planches de bois qui forment la paroi du tonneau). On trouve en France 4 sortes de doloires : celle d'Orléans, la commune, la française et la bordelaise. La doloire bordelaise qui est la plus répandue, se compose d'un taillant ayant 35cm de long et 17cm de large, d'une douille ne constituant qu'une même pièce avec le taillant et d'un manche dont la longueur est proportionnelle à la longueur du bras de l'ouvrier qui en a fait usage. Son poids est d’environ 4 kilogrammes.

Ce manche doit être assez lourd pour former contrepoids à l'outil. La doloire exécute un travail compliqué puisqu'elle doit donner à la douelle une forme déterminée ; il faut qu'en laissant tomber cet outil tranchant, la planche étroite et mince prenne forme. Ce travail se fait sur un billot, solide pièce de bois grossièrement taillée dans la masse et posée au sol sur quatre pieds. La doloire est abattue verticalement sur la douelle allongée sur le billot. L'ouvrier se tient d'une façon caractéristique : l'outil saisi dans la main droite, le pouce placé près de la lame; le bout du manche appuyé sur la cuisse droite, le pied droit en avant le long du billot, la main gauche sur la douelle. .
La longueur du manche, déterminée par la longueur du bras de l'ouvrier, se prend de la façon suivante : « on met le bout du pouce sur le bord de la douelle en tenant le manche comme si l'on voulait travailler. En pliant le bras on obtient la bonne longueur lorsque l’extrémité du manche peut tourner librement au niveau du coude ».

 

 N° inventaire 1984.7.12


Compas de tonnelier,

XIXème siècle.

 

Cet outil servait à mesurer et à tracer la circonférence des fonds de tonneaux. Il s'agit d'un compas tout à fait particulier et spécifique à ce métier. Il est confectionné d'une pièce de bois flexible, ici du frêne, recourbée en arc de cercle et dont les deux extrémités sont réunies par une pièce en bois de buis qui les perfore. Celle-ci est composée d'une double vis horizontale aux pas inversés séparée par une poignée centrale qui permet de régler l'écartement des pointes en acier forgé. Ces pointes sèches se rapprochent ou s'écartent selon le sens de rotation donné à cette broche filetée.

 

Pour son utilisation le tonnelier reporte 6 fois les pointes du compas en fond de gorge du jable de la barrique (l'endroit où doit s'enchâsser le fond), comme pour former un hexagone régulier. Après avoir reporté autant de fois que nécessaire les pointes de son compas pour retrouver son point de départ, il obtient alors le rayon exact du fond. Cela s'appelle "prendre le point". Le compas ainsi réglé, la pointe sèche permet de tracer précisément sur un assemblage de planches la circonférence du fond à débiter.

 

N° inventaire 1984.4.19


Bonbonne à vin,

fin XIXème - début XXème siècle.

 

Cette grosse bouteille en verre blanc enveloppée d'un clissage d'osier servait à garder et à transporter du vin. Egalement connue sous le nom de dame-jeanne, ce type de récipient était le plus souvent dénommé dans notre région " une cantine ", sans doute par dérivation du mot occitan " cantina "  ou " cantinada " qui veut dire bouteille. Cette belle pièce, à col étroit et d’une contenance d’environ 5 litres, était largement utilisée par les communautés familiales ou villageoises pour la consommation courante du vin. Enveloppée d’un clissage d’osier de belle facture, elle comporte une seule poignée en forme d'anse pour le transport et, chose rare, un capuchon mobile relié par une cordelette pour la protection de son bouchon en liège.

 

N° inventaire 1990.3.4


Serpo-sécateur,

 fin  XIXème siècle.

 

Il s'agit d'un outil hybride, à la fois serpe et sécateur. Le sécateur, dont on prête l'invention vers 1815 au Marquis Bertrand de Moleville, eut des débuts fortement contestés à cause des meurtrissures que pouvaient occasionner le cisaillement imparfait des premiers instruments. Encore à la fin du 19° siécle son emploi est largement refusé par la majorité des viticulteurs, "...il a l'inconvénient, si bien fait soit-il, de comprimer et d'écraser toujours un peu l'un des côtés de la coupe..."

Afin de convaincre les plus sceptiques, certains couteliers eurent l'idée d'adjoindre sur les lames ou une serpette, ou une hachette, ou ces deux outils traditionnels. Les vignerons, ancrés dans leurs anciennes pratiques, s'essayèrent à ces gros ciseaux à ressort tout en pouvant utiliser ses appendices aux taillants proches de la serpette. A défaut d'être alourdis, ces sécateurs dits "transitoires" permirent une adaptation en douceur à la taille par cisaillement proprement dite, de la fin du 19° jusqu'au milieu du 20° siècle.

 

N° inventaire 1981.12.1


Hache de carrier,

 fin XVIIIème, XIXème siècle.

 

Le sous-sol calcaire du vignoble a favorisé l'exploitation de la pierre de construction en carrières souterraines. A la fin du XIXè siècle durant la crise du phylloxera qui a touché durement le vignoble, de nombreux vignerons ont exploité le sous-sol de leurs parcelles pour tirer des revenus de l'exploitation de la pierre. Aujourd'hui ces galeries abandonnées sont utilisées par de nombreux châteaux pour l'élevage des vins en tonneaux.

Cet outil de carrier appelé "trace" ou " peleau" est une sorte de hache qui permettait d'araser les aspérités ou les parties bosselées du bloc débité du front de taille. Elle est munie d'un double tranchant, un très long et fin qui permet de travailler la pierre homogène et l'autre très court et épais qui permet de faire "sauter" les partie dures formées par les fossiles.

 

N° inventaire 1995.1.2A


Carte postale,

début XXème siècle.

 

Cette photographie de vendanges à St-Emilion est une production du célébre photographe-éditeur de cartes postales Libournais Henri GUILLIER (1847-1912). Son imprimerie était installée rue Fonneuve à Libourne. Cet homme fut l'un des plus grands imprimeurs et photographes du grand Sud-ouest. Il reste l'éditeur de cartes postales le plus prolifique de nos régions. A sa mort, en 1912, il a laissé un héritage de plus de 13.000 clichés.

 

N° inventaire 2001.6.1


Plaque à etamper les bouchons,

XXème siècle.

 

Plaque gravée en fonte d'acier utilisée pour le marquage des bouchons. Celle-ci placée sur un support muni d'un brûleur permet de porter la plaque à haute température et de marquer par etampage à chaud la face externe du bouchon. Gravée en négatif elle permet par roulage du bouchon sur cette plaque de révéler l'origine du vin mis dans la bouteille. On peut lire ici:

"CHATEAU DES TOURS

(suivi du dessin du château)

MONTAGNE St EMILION

MIS en Blle au CHATEAU"

 

N° inventaire 1995.3.1


Vaisselier,

fin XIXème - début XXème siècle.

 

Élément de mobilier courant dans l'habitat vigneron local, le vaisselier reste un meuble important qui "trône" dans la salle commune. Celui-ci provient d'un collectage de différentes pièces de mobilier vigneron effectué dans la petite région de Sainte Foy la Grande. Construit en bois de pin et de facture soignée, il est l’œuvre d'un ébéniste local. A remarquer le travail remarquable au niveau des crosses en volutes qui supportent les étagères de la partie supérieure du meuble. 

 

N° inventaire 1989.8.1


Fouet à vin,

fin XIXème - début XXème siècle.

 

A la différence du fouet à vin décrit précédemment, il s'agit ici d'un fouet à vin traditionnel. Celui-ci, d'une conception plus simple, est fait d'une tige en fer dont la partie supérieure forme une poignée permettant de le manipuler un fois placé dans la barrique. La partie inférieure de cette tige est aplatie et percée de 8 trous recevant chacun un toupet de crins. Ces toupets disposés de façon perpendiculaire forment une sorte de goupillon qui permet de brasser efficacement les blancs d'oeufs avec le vin lors du "collage".                         

Nb: pour mémoire "collage" = filtration naturelle des dépôts du vin par floculation.

 

N° inventaire 1982.16.24A


Fouet à vin,

début XXème siècle.

 

Il s'agit d'un fouet à vin mécanique à expansion. Cet outil de chai était utilisé dans l'élevage du vin en barrique pour pratiquer le "collage". Celui-ci a pour but de clarifier le vin en fin d'élevage en y introduisant des substances protéiques. Au contact des tanins du vin elles permettent l'aglomération des particules en suspension. Les flocons ainsi formés se déposent au fond de la barrique. En général, les vignerons préfèrent le blanc d'oeuf aux effets lents et doux. Avant de mélanger la "colle" au vin, il faut battre les blancs d'oeufs en neige avec une pincée de sel. Une fois versés dans la barrique on introduit le fouet replié par le trou de bonde. Ainsi installées, les barrettes du fouet se déploient à l'intérieur du fût. La poignée-manivelle qui reste à l'extérieur permet alors de brasser les blancs d’œufs avec le vin pour favoriser le collage.

 

 

N° inventaire 1989.1.2


 

Bouchonneuse,

XIXème siècle.

 

Cet appareil, appelé aussi boucheuse, sert naturellement à boucher les bouteilles de différentes formes et grosseurs. Faite essentiellement en bois de chêne, elle est composée d'une potence fixée sur une solide base monoxyle reposant sur quatre petits piétements. La potence maintient dans sa partie supérieure une forte crémaillère métallique verticale qui est actionnée par une manivelle et un engrenage. Celle-ci permet d'enfoncer le bouchon de liège dans le goulot de la bouteille en le poussant au travers d'une pièce conique également métallique. Ce passage permet de réduire le diamètre du bouchon et facilite ainsi sa mise en place dans la bouteille. Sur la partie inférieure de la potence on trouve un support réglable en bois qui permet d'adapter la bouchonneuse au type de bouteille à boucher. On peut lire sur la partie supérieure de cet appareil l'inscription gravée : LUBET.R. NOTRE DAME. 74 - BORDEAUX -  

 

N° inventaire 2008.2.1


Vinocolorimètre,

début XXème siècle.

 

Cet objet, de la marque J. Salleron, était utilisé pour examiner l'intensité colorante des vins rouges. Protégé par un étui, le vinocolorimètre se présente sous la forme d'une double colonne de pastilles perforées sur une base cartonnée. Celle-ci recouvre une bande de tissu en soie dont une partie est colorée et l'autre laissée neutre. La série de pastilles de gauche offre une gamme chromatique de référence alors que celle de droite est destinée à recevoir les gouttes de vin à examiner par comparaison de l'intensité colorante. 

 

N° d'inventaire 1988.2.23


Hotte de vendangeur,

XIXème- début XXème siècle.

 

Cette hotte de vendanges est faîte de brins d'osier tressés sur une ossature de feuillards en châtaigner. Parmi les particularités de fabrication il est à noter l'utilisation de brins d'osier (appelés ici "vime") auxquels on a retiré l'écorce pour éviter tout contact avec les tanins de l'osier ainsi que la pose d'un enduit  fait de poix végétale sur les parois intérieures pour favoriser l'étanchéité. Cet objet a été employé essentiellement dans les vignobles des zones Nord et Sud-Est du Libournais. 

 

N° d'inventaire 1991.2.1


Canne à vin,

XIXème  siècle.

 

Ce récipient vinaire en forme de pichet reprend la technique de fabrication du tonneau avec planches cintrées  maintenues par un cerclage métallique. Cet objet d'une contenance d'une vingtaine de litres était produit dans les ateliers de tonnellerie locaux. Précédant les pompes à vin, il était largement utilisé dans les chais pour transvaser les moûts ou les vins entre les différents récipients. (notamment pour récupérer le moût de la "gargouille" (bac en bois placé sous le plancher du pressoir) et remplir le "goudrelin" (sorte de seau en bois traversé d'une barre de bois pour le portage à l'épaule). 

 

N° d'inventaire 1997.1.2


Ebullioscope de MALLIGAND,

fin XIXème- début XXème siècle.

 

L'ébullioscope ou ébulliomètre est un appareil servant à déterminer la richesse alcoolique des boissons. Utilisé principalement pour le dosage du vin, son principe repose sur la variation de la température d'ébullition d'un mélange en fonction de sa concentration en alcool: plus le degré alcoolique est grand, plus la température d'ébullition est faible. Le degré alcoolique correspond au nombre de centilitres d'alcool éthylique présents dans 1 litre de vin. L'ébullioscope de MALLIGAND a reçu une médaille d'or à l'exposition universelle de Paris en 1878.

 

N° d'inventaire 1992.2.2


 


Pince à incision annulaire,

fin XIXème, début XXème siècle.

 

Cette sorte de petite serpette munie de 2 lames était utilisée pour empêcher les risques de coulure (mauvaise fécondation entrainant la chute des fleurs ou des jeunes fruits) et hâter la maturité du raisin (d’environ 8 à 10 jours). Le procédé consistait à faire, lorsque la vigne commençait sa floraison, 2 incisions annulaires sur l’écorce du jeune bois de l’année juste en dessous des fleurs. Une fois le petit anneau d’écorce compris entre ces 2 incisions circulaires enlevé, il se forme une petite plaie sur la branche. Celle-ci donne lieu rapidement à un bourrelet qui va recouvrir cette entaille. Ce bourrelet intercepte momentanément la sève et permet d’atteindre le but recherché. Les mâchoires de cette espèce de pince d’une dizaine de centimètres sont fendues sur la longueur pour recevoir 2 petites lames d’acier circulaires qui peuvent être remplacées si nécessaire.

 

N° inventaire 1982.3.1


Bonde de barrique en verre,

fin du XIXème, début du XXème siècle. 

 

Le mot bonde désigne 2 choses, cela peut être le trou percé dans l'une des douelles d’un tonneau ou le bouchon,

généralement de bois, permettant de l’obstruer. Celle-ci  est en verre. Son utilisation a sensiblement contribué à

l'amélioration de la qualité des vins. Remplaçant les bondes en bois entourées de petits morceaux de linge elles

assuraient une bien meilleure propreté et étaient d'une bien plus longue conservation. Si la bonde est enfoncée,

son extraction requiert l'utilisation d'un utinet, maillet en bois dur muni d'un long manche. C'est en frappant

les parois du tonneau autour de la bonde que l'on peut facilement la faire ressortir du trou de bonde sans la détruire.

 

 N° inventaire 1981.1.7

 

 

 

Plaque de cuve,

fin XIXème siècle.

 

Cette plaque placée sur la façade des cuves en bois était utilisée comme une ardoise. Organisée selon plusieurs cases elle permettait de noter différentes informations lors de la vinification: origine de la parcelle, nature des travaux sur le vin, assemblages, etc...

 

N° d'inventaire 1988.2.1