Objet mystère


Des objets de la collection sont présentés à votre curiosité.


Costume d'échevin

Lussac et Puisseguin Saint-émilion 

XXème siècle

Ce costume, fait d'une toge en sergé de coton rouge soulignée par un large liseré et des emmanchements blancs, accompagné d'un calot, d'une épitoge et d'une médaille, était celui de la confrérie des échevins de Lussac-Saint-émilion et Puisseguin-Saint-émilion, confrérie aujourd’hui disparue. Cette confrérie, créée à l’initiative de monsieur Dominique Béchau-La-Fonta (1920-2013) alors propriétaire du château des Laurets à Puisseguin, a tenu son premier chapitre le 6 juin 1987, veille de la Pentecôte. Dans le vignoble libournais, de nombreuses appellations viticoles possèdent une confrérie vineuse ou bachique. Elles datent toutes du XXe siècle, la plupart de sa seconde moitié, même si certaines peuvent justifier d'origines très anciennes (comme la Jurade de Saint-émilion). Cette confrérie des échevins de Lussac-Saint-émilion et Puisseguin-Saint-émilion était composée de viticulteurs ayant comme "Charte" de maintenir les traditions, de défendre et promouvoir leur vin, et de communiquer leur philosophie, tout en étant garante de l'identité et de la singularité de leur terroir. Chaque année, au mois de juin, elle se rassemblait pour fêter son vin et organisait alors un "Chapitre" au cours duquel différentes personnalités (médiatiques, artistiques, politiques, etc… françaises ou internationales) étaient intronisées pour devenir des ambassadeurs privilégiés de ces appellations et servir leur image de marque à travers le monde.

 

Paillon à bouteille / enveloppe-paille
début XXème siècle

Il s’agit d’un étui de forme conique constitué de brins de paille de seigle disposés parallèlement et assemblés avec de la ficelle. Cet emballage sert à protéger les bouteilles de vins expédiées en caisse bois. L’objet présenté mesure l’équivalent de la bouteille bordelaise. Utilisé jusqu’au milieu du XXème siècle, il sera progressivement remplacé par d’autres emballages, comme le carton. D’assez gros diamètre, les tiges de seigle sont plus hautes et plus souples que celle du blé. Grâce à ces qualités, la paille de seigle servait à la fabrication des paillons.  Au niveau de sa préparation, il faut prendre des précautions pour séparer la paille et le grain, afin de ne pas briser les chaumes et conserver une paille de qualité. Traditionnellement l’opération de battage est réalisée manuellement, puis chaque javelle (poignée) est retournée, la tête en bas. A l’aide d’un peigne à paille (planche pourvue de 3 rangées de dents), elles sont soigneusement peignées. Il s’agit de rendre les brins parallèles et de les débarrasser de tous les débris végétaux (mauvaises herbes,...). Les paillons sont essentiellement fabriqués par des femmes. Les hommes se chargent des travaux de préparation de la paille et de la manutention. Au départ, les ouvrières assemblent et cousent les brins à la main, puis vont utiliser des machines-outils spécialement conçues. Initialement annuelle, cette activité devient saisonnière fournissant un complément de revenu. En 1878, la Gironde comptait 11 fabriques d’enveloppes-paille employant chacune une trentaine de personnes. N° inventaire : 1984.11.23

 

Faissine

XIXème siècle

Étymologie. La « faissine » est un mot français ancien signifiant « faix », « fardeaux ». Variantes locales : fessine, féchine, féshine. Avec l’automne, le vignoble s’active autour de la récolte du raisin mûr. Dans les parcelles, plusieurs manières de porter le raisin ont coexisté : portage sur la tête avec la faissine, portage à l’épaule avec barre de levage, portage dans le dos avec la hotte. Pour le portage sur la tête, la faissine fournit une assise et facilite la mise en équilibre de la charge. Elle permet le transport du raisin placé dans un récipient en bois de forme tronconique et d'une contenance d'environ 20 litres, appelé bastiot. Une fois arrivé au bout des rangées de vigne, le porteur vide ce bastiot dans les douilhs (récipient de bois d’environ 800 litres) placés sur une charrette. Interposée entre la charge et la tête, la « faissine » est constituée d’un cadre en bois sur lequel est fixée une grosse tresse de paille qui enveloppe la tête et repose sur le dos à la hauteur de la nuque. La tresse de paille forme un bandeau qui passe sur le front et se prolonge par une sorte de « coussin » qui s’appuie sur le cou. La partie en bois placée au-dessus de cette tresse sert de support pour le bastiot. Au niveau de la technique de portage de la charge, le porteur adopte une position particulière : menton appuyé sur la poitrine, marche lente avec petites enjambées… Cela permet de trouver un équilibre entre la force motrice humaine déployée et la dépense énergétique. Selon la « virtuosité » du porteur, le bastiot est maintenu ou non par les mains (dextérité du porteur, nature du sol…). N° inventaire: 1983.3.1

 

Blutoir à farine

XIXème siècle

Le blutoir individuel, présent dans la plupart des exploitations agricoles de la région (19°/ 1ère moitié 20° siècle), se présente sous la forme d’un coffre à portes d’environ 2m de long, 1m30 de haut et 80cm de large. Ce meuble utilitaire fait en bois mêlés (chêne et bois blanc) est fabriqué de façon simple et la plupart du temps installé dans les greniers familiaux. Le blutoir possède un dispositif mécanique qui sépare la farine des autres composants du grain (essentiellement le son) après avoir été moulu dans un moulin ou une minoterie. Légèrement incliné, le cylindre appelé "sas", blute la farine. Placé au centre du meuble, il tourne sur son axe longitudinal grâce à une manivelle. Il est recouvert d’une "étamine" - tissu lâche fait de crin, de soie ou de fil mince et souple - faisant office de tamis. Ce cylindre est garni d’étamines à maillages différents, du plus serré au plus large, permettant d’obtenir plusieurs degrés de finesse de farine (chaque partie est appelée une "laize"). Par une trappe placée au-dessus du meuble, la mouture est introduite dans le "sas" en mouvement et passe au travers du tamis suivant sa finesse. L’armature cylindrique est parée de petites masses de bois coulissant le long des rayons intérieurs, qui viennent frapper les "laizes" pour faciliter le blutage et empêcher la mouture d’adhérer au tamis. Le son et les plus grosses particules sont récupérés à l’autre extrémité du blutoir par une trappe située sur le côté extérieur du meuble. Sous le cylindre à l'intérieur du meuble, les différentes qualités de farine sont récupérées et réparties dans des sacs. N° inventaire: 1987.5.1

 

Photo-carte postale (Vignonet, 1916)

XXème siècle

Entre 1914 et 1918, les femmes deviennent un indispensable soutien à l’effort de guerre. Remplaçant les hommes partis au front, elles sont mobilisées dans tous les secteurs, comme ici avec le travail dans les vignobles du Saint-Emilionnais. En témoigne cette photo-carte postale écrite au dos par la jeune femme à gauche de l'image à son beau-frère : «Vignonet, le 31 juillet 1916. Voici ce que nous faisons, heureusement c’est fini et j’ai le grand espoir que l’année prochaine nous aurons votre aide […]». Les deux femmes vêtues d’une tenue masculine s’occupent du sulfatage, il s’agit de traiter les vignes à la bouillie bordelaise pour prévenir les maladies comme le mildiou. Cette tâche pénible est habituellement confiée aux hommes, la sulfateuse à dos pesant environ 30kg. La carte postale est un moyen de correspondance écrite qui se présente sous la forme d'un papier cartonné rectangulaire (format 10,5x14,8 cm le plus courant). A l’apogée de la carte postale entre 1900 et 1920, on assiste au développement de photos-cartes postales évoquant la Première Guerre mondiale en image (le conflit, les combattants, l'arrière). Les photos-cartes ne sont pas tirées en grande série, juste en fonction de la commande du particulier, utilisées ensuite comme n'importe quelle carte postale. La famille fait faire des photographies mettant souvent en scène la vie quotidienne, puis les font convertir en cartes postales. Ceci permet un échange épistolaire entre les soldats engagés sur le front et leurs proches restés à l’arrière. N° inventaire (en cours)

 

Mouchoir de tête (coiffe régionale)
XIXème siècle

Comme le costume, la coiffe varie selon les époques, les saisons, l’âge et la condition de celle qui la porte. Pour les femmes, le jour comme la nuit, le plus important était de dérober leurs cheveux aux regards, car il était très mal vu de se montrer « en cheveu ». D’ordre pratique, la coiffe est une protection contre le soleil et le vent, d’ordre sociologique un moyen d’affirmer son appartenance à une classe, une communauté, une région, parfois même à un village.  Au cours du 19° siècle, dans le Sud-ouest, les femmes adoptent le mouchoir de tête, un carré de coton imprimé, d’environ 90cm de côté. Le mouchoir à carreaux de couleurs vives (Madras) est acheminé depuis l’Inde jusqu’au port de Bordeaux où il sera très vite imité par des fabriques locales. Il y a plusieurs façons de le porter ; « noué à la gasconne » plié en triangle, deux pans croisés derrière la nuque, ramenés et noués sur le dessus de la tête, pointe arrière positionnée selon un code social bien particulier. Aux côtés du mouchoir de tête, la "quichenotte" est une coiffe de travail en forme d’arceau maintenu rigide par des lamelles de bois ou de carton passées dans des bandes de tissus. Son fond, lâche, est resserré sous la nuque par une coulisse. Elle se fixe par deux petits galons noués sous le menton. En toile blanche, de couleur, à carreaux ou fleuri, elle se porte sur un mouchoir de tête ou un simple petit bonnet, ainsi son entretien est plus aisé. [Notice réalisée en collaboration avec l’association DANS’TRAD de Libourne]. N° inventaire (en cours)

 

Carnet de voyage d’un négociant en vin corrézien
début XXème siècle

Grâce à l’esprit d’entreprise et au dynamisme des « marchands de vins » de Haute-Corrèze, le négoce à Libourne s’organise et se structure quais du Priourat dès la fin du XIXème siècle. Ce négoce affirme sa spécificité en privilégiant les vins du Saint-Emilion, de Pomerol, de Fronsac, ainsi que d’autres vins de l’arrondissement.  A l’instar de Jean GAYE-BORDAS (1826-1900), créateur de ce négoce en vins corrézien, ces marchands de vins innovent en pratiquant le démarchage à domicile, la « tournée », en particulier vers l’Ouest de la France et surtout vers le Nord et la Belgique. Tarifs et petits carnets d’adresses et de commandes sont les seuls outils de ces négociants en voyage. Ils se créent une clientèle et constituent leur propre carnet d’adresses, outil particulièrement précieux, dont ils restent propriétaires.  Ce petit carnet (10x6,5cm) a appartenu à Joseph JANOUEIX, fils de Jean JANOUEIX, une des principales familles corréziennes de négociants-propriétaires installées dans le Libournais depuis la fin du XIXème siècle. Composé d’une cinquantaine de feuillets, « noircit » d'une écriture fine et soignée, il recense environ 150 adresses de clients répartis dans les villes et les gros bourgs prospectés dans le Nord de la France (sur le cliché les villes de Lille et Tourcoing), ainsi que quelques commandes. N° d'inventaire (en cours)

 

Moine chauffe-lit

début XXème siècle

En forme « d’œil », le moine possède une ossature en bois, mesurant environ 1,50 m de long sur 30 cm de large et 30 cm de hauteur. Un récipient métallique contenant des braises de la cheminée est suspendu à l’aide d’un crochet et placé au milieu de l’armature en cube, au centre du dispositif. Cette structure en bois évite d’être en contact avec les draps, prévenant ainsi de possibles incendies. Les draps anciens tissés très épais, en coton ou en lin, prennent facilement l’humidité. Utilisée en période hivernale, cette sorte de radiateur portatif permet de réchauffer les draps et d’en estomper l’humidité. Par soucis d’économie, les pièces de la maison ne sont pas chauffées. Seule, la grande pièce à vivre dispose d’une cheminée. Dans les derniers modèles, les braises incandescentes sont remplacées par une ampoule électrique suspendue, rendant le dispositif plus pratique. Cet appareil de chauffage est utilisé jusque dans les années 1950 environ, période à laquelle l’électricité entre dans les foyers. Les progrès en matière de confort et de chauffage rendent le moine désuet. N° inventaire 1989.5.2

 

Echaudeuse à barrique

fin XIXème siècle - début XXème siècle

Carrossé en tôle et en cuivre, cet objet mesure 143 cm de haut. Surmonté d’une tubulure, le foyer en fonte recevant la braise repose sur quatre pieds métalliques. Muni de deux poignées latérales, cet appareil portatif peut être déplacé dans le chai à barriques. Fonctionnant sur le principe d’une chaudière à bois, l’échaudeuse est une sorte de "bouilloire" utilisée pour désinfecter l’intérieur des barriques lors du soutirage. Pendant l’élevage, le soutirage consiste à retirer les lies afin de clarifier le vin. Le vin ainsi clarifié est transvasé dans un nouveau fût qui doit être stérilisé avant remplissage. L’étuvage par injection de vapeur détruit les bactéries. La vapeur produite par l'échaudeuse permet de purifier le bois en respectant les fibres, et se condense sur les parois du tonneau. Avec l’échaudeuse, les fûts sont aseptisés à la vapeur d'eau sous pression, à 120-130 degrés. Pour l’assainissement des barriques, cette technique a progressivement été remplacée par le brûlage de mèches de soufre. N° inventaire 1985.1.2

 

Planche publicitaire (Les Grands Vins de la Gironde illustrés)

Libourne 1908-1910.

Cette planche publicitaire est l’une des 169 planches d’un important album réalisé par le photographe et célèbre éditeur de cartes postales, Henry Guillier (1847-1912). Superbe témoignage de la vie économique et rurale de cette époque, cet ouvrage figure parmi les plus importants reportages photographiques consacrés aux vins de la région bordelaise. Il s'agit ici de l'une des rares planches qui ne soient pas dédiées aux grands châteaux du bordelais. Celle-ci présente les industriels Libournais JAYET et VANDET, inventeurs de la pompe à vin "Java". Constructeurs-mécaniciens, ils installent leur maison, 14, rue des Fontaines à Libourne et rendent célébre leur fabrique grâce au dépôt d'un brevet pour cette pompe qui obtiendra de nombreuses récompenses, dont une Médaille d'Or en 1907 à l'Exposition internationale maritime de Bordeaux. De conception simple et robuste, d'un fonctionnement très doux et d'un débit important, elle sera très employée dans la région. Elle est reconnaissable par sa marque "Java" inscrite en lettres dorées sur la boule d'air. N° inventaire 2005.2.2